dimanche 2 février 2014

Christ dans cadre


Christ dans un cadre en marqueterie « boulle » france, époque louis XIV pour le christ france, XVIIIe siècle pour le cadre matériaux ivoire, laiton, écaille et bronzes dorés h. 92 cm, l. 54,5 cm, p. 12 cm 



Le Christ est présenté les bras placés à la verticale, la tête tournée vers le ciel et les pieds cloués côte à côte. Le grand raffinement stylistique est visible sur l'ensemble de la sculpture en ivoire. Ainsi, la douleur est perceptible sur le visage à la bouche entrouverte et aux yeux crispés.
 Le très beau rendu de la musculature du corps et le travail complexe des plis du périzonium trahissent la dextérité de l'artiste. Souvent considéré comme un « Christ janséniste » compte tenu de la position des bras et des pieds, cette oeuvre trouve de multiples échos dans des oeuvres non jansénistes de l'époque. L'image d'un Christ aux bras

Au XVIIe siècle, cette représentation singulière du Christ apparaît dans les oeuvres d'artistes de première importance tels le sculpteur allemand Georg Petel, Jacob Jordaens, ou encore Pierre-Paul Rubens, intimement lié aux Jésuites d'Anvers. François Duquesnoy sculpta un crucifix d'une seule pièce en ivoire, et quelques années plus tard, le fameux Pierre Puget (1620-1694) réalisa un Christ en croix en terre cuite, présentant de nombreuses similitudes La sculpture est présentée dans un précieux cadre en marqueterie « Boulle » à riche ornementation de fleurons, palmettes et enroulements d'acanthes en laiton sur fond d'écaille.


De forme rectangulaire, le cadre est animé par un épaulement en partie haute. Des arabesques de laiton se détachent du fond en ébène souligné, sur le bord externe, d'une frise de rinceaux et sur le bord interne, d'entrelacs fleuronnés et d'une frise de feuilles de chêne enrubannées dans des faisceaux, suivis d'une épaisse moulure de bronzes dorés. Notre Christ en croix témoigne sans conteste d'un art majestueux encore fortement empreint d'un réel sentiment religieux et sincère au XVIIe siècle, mais où émergent les prémices d'un « art classique », non plus seulement dévoué à la seule volonté de l'Eglise, mais célébrant également la toute puissance d'un monarque désormais investi d'un pouvoir absolu et divin.


 RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES Jacques de Landsberg, L'art en croix, le thème de la crucifixion en histoire de l'art, Tournai, 2001, p. 128-131

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