samedi 8 février 2014

BUREAU DIT « MAZARIN » À DÉCOR DE GROTESQUES

  
Paris, époque Louis XIV, vers 1710
MATÉRIAUX
Bâti de sapin, écaille rouge et laiton
H. 83 cm, L. 130 cm, P. 71 cm
Restaurations d'entretien
Inspiré par les surprenants décors créés par des ornemanistes tels Jean I Bérain (1640-1711) (fig. 1) ou Claude Audran III (1657-1734).

 Il ouvre en façade par neuf tiroirs sur lesquels se détachent des oiseaux chimériques au milieu de rinceaux en laiton sur un fond d'écaille rouge en première partie. Les panneaux latéraux sont centrés d'encadrements où se développent arabesques et feuillages. Le superbe plateau présente en son milieu un décor de chinoiseries dans un écusson où un personnage central sous un
dais rappelle, par son costume, les Ambassadeurs de Siam qui vinrent à Versailles en 1686 et qui marquèrent profondément l'esprit des contemporains. Des personnages masculins et féminins se déploient tout autour, accompagnés de volatiles, de libellules et de bouquets de fleurs. La richesse de ce décor et l'architecture des caissons sont contrebalancés par la légèreté du piètement constitué de huit consoles sinueuses à croisillons.
plateau




 Cette magnifique ornementation associée à une grande recherche d'équilibre de la structure dénoncent le travail d'un grand maître. Ce type de bureau est apparu dans les années 1680 mais la forme qu'adopte celui que nous présentons est tout à fait caractéristique de l'ébénisterie du début du XVIIIe siècle. Notre oeuvre est ainsi comparable au bureau exécuté par Nicolas Sageot (1666-1731) durant le premier quart du XVIIIe siècle et conservé au Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg. On y observe les mêmes canons esthétiques comme la richesse du décor marqueté d'écaille rouge et de laiton, l'échancrure du tiroir central supérieur et des montants,
un piètement en console similaires. Cet ébéniste semble s'être fait une spécialité de ce type de meuble toujours accompagné d'un décor marqueté inspiré de l'oeuvre de Bérain comme en témoigne par exemple un autre bureau conservé au Petit Palais et portant l'estampille du maître . Quant aux décors de volatiles visibles sur les tiroirs, ils sont à comparer avec ceux figurant sur un bureau
similaire conservé au Palais Pitti.
source Marc Arthur Kohn Paris

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