samedi 4 janvier 2014



Pendule en « marqueterie boulle » dite « tete de poupee » par jean godde, maître horloger à paris en 1691 (mort en 1732 ou 1748-49) epoque louis xiv, vers 1705 matériaux  ebène, écaille rouge, cuivre, étain, bronze doré signature sur le mécanisme : « jean godde l'ainé paris » h. 54 cm, l. 29, 5 cm, p. 15, 5 cm Cette pendule en marqueterie « Boulle » adopte une forme très originale et caractéristique de la production horlogère de la fin du règne de Louis XIV appelé « tête de poupée ». Ce nouveau modèle, apparu à la toute fin du XVIe siècle, présente un jeu subtil sur les côtés renflés de courbes et de contre-courbes terminées par quatre toupies et dessinant des volutes ponctuées de fleurettes. Cet aspect violoné se poursuit sur le fronton arrondi sommé d'un petit globe en bronze ciselé et doré posé sur un dais et flanqué de guirlandes. Quatre lampes à huile posées aux extrémités ponctuent ce décor supérieur. La pendule que nous présentons ainsi que toutes celles adoptant cette forme si particulière s'agrémentent d'une marqueterie « Boulle ». Dans notre œuvre, l'artiste fait jouer les couleurs notamment à travers la noirceur de l'ébène qui contraste avec l'écaille rouge, le cuivre et l'étain. Cette marqueterie s'orne d'un décor finement ciselé composé de rinceaux feuillagés et d'arabesques parcourant la caisse mouvementée de la pendule ainsi que le socle à doucine. Un médaillon finement gravé d'un homme en buste de profil vient interrompre les arabesques sur le fronton. La base du socle reprend le motif du dais à trois pampilles présent sous le petit globe. L'ensemble de notre pendule repose sur quatre pieds griffes. Le cadran est constitué de douze pièces émaillées indiquant les heures en chiffres romains sur un fond en bronze ciselé. Le mouvement porte la signature de Jean Godde l'Ainé, reçu Maître Horloger à Paris en 1691 et décédé en 1732 ou 1748-49. Jean Godde ou God ou Gode eut plusieurs ateliers successifs dans la capitale. On sait que dans l'inventaire de Louis XIV figurait une pendule signée « Godde horloger à Paris ». Jusqu'à cette fin du XVIIe siècle, ce sont les caisses massives et architecturées adoptant des formes droites qui dominaient la production horlogère sous le règne de Louis XIV. Avec cette nouvelle forme en « tête de poupée » de taille plus réduite, le mouvement, la courbe, la contre-courbe et les volutes vont peu à peu s'imposer jusqu'à la Régence et être omniprésents sous Louis XV. Ce type de pendule, originale et novatrice dans sa forme, agrémentée d'une riche ornementation en matières précieuses était très prisée des amateurs. Ainsi, un exemple est conservé dans le cabinet de travail des appartements de Madame de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, au Château de Fontainebleau. On observe également de profondes similitudes de l'œuvre que nous présentons avec une pendule conservée au Musée de Dijon où l'on retrouve le même petit globe sous un dais à pampilles, les lampes à huile, le médaillon gravé. Seules d'infimes variantes comme la grosseur des fleurettes en bronze ciselé et doré ou les quatre toupies sur les côtés permettent de les distingue....



Références bibliographiques Pierre Kjellberg, Encyclopédie de la Pendule française du Moyen Age au XXe siècle, éd. de l'Amateur, Paris, 1997

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire