jeudi 30 janvier 2014

Commode en marqueterie d'écaille rouge et laiton gravé,

Commode en marqueterie d'écaille rouge et laiton regravé, la façade mouvementée en arbalète ouvrant à quatre tiroirs sur trois rangs, les montants contournés soutenant le plateau de marqueterie à décor du char d'Apollon sous un dais dans un entourage de musiciens, masques, rinceaux, oiseaux, treillages, vases et papillons ; ornementation de bronzes redorés. Attribuée à Nicolas Sageot, Époque Louis XIV, vers 1710, Hauteur : 82,5 cm - Largeur : 130 cm, Profondeur : 70 cm, Un certain nombre d'ateliers s'illustraient à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle dans l'art de la marqueterie d'écaille et de métal gravé.



 L'atelier de Nicolas Sageot apparaît comme l'un des plus créatifs et prospère de la période. Une commode très similaire dans sa forme (montants mouvementés et façade en arbalète) et dans son décor (également le char d'Apollon sur fond d'écaille rouge), mais de plus petite dimension, a été vendue par Artcurial, le 14 décembre 2011, lot 17. Ces deux commodes peuvent être directement rapprochées d'une troisième pratiquement identique estampillée de Sageot (vente Tajan, le 20 décembre 1994, lot 35). Cette commode et plus particulièrement la présence de son estampille nous permet d'attribuer notre meuble à Nicolas Sageot avec un certain degré de certitude. Il est également intéressant de citer une quatrième commode également extrêmement proche, très probablement achetée par le 1er ou le 2e duc de Devonshire et conservée jusqu'à sa vente (Sotheby's Londres, les 5-7 Octobre 2010, lot 60, vendue 100 000 £) au château de Chatsworth (Grande-Bretagne).



plateau avec le char d'Apollon tiré par quatre chevaux

Au moment de la cession par Nicolas Sageot au marchand Léonard Prieur d'un ensemble de meubles pour une valeur de 16 000 livres, on répertorie quatre commodes de trois pieds huit pouces [119,10 cm] de long aussi de marqueterie de cuivre et d'écaille et pareillement garnies de bronzes valant mil livres, deux autres corps de commodes aussi de marqueterie de trois pieds huit pouces garnis de bronze pour le prix et somme de quatre cent livres. Le plateau lui-même, évoquant directement les compositions de Jean Bérain,a probablement été réalisé par le marqueteur Toussaint Devoy (mort en 1753)dont l'activité a été mise en valeur par Pierre Grand (Le Mobilier Boulle et les ateliers de l'époque in L'Estampille-L'Objet d'Art, no 266, février 1993).
On y retrouve stylistiquement de nombreux éléments du répertoire de Jean Bérain, le char d'Apollon tiré par quatre chevaux reprend en la simplifiant une gravure de l'ornemaniste. Au-delà du style général, citons également les figures d'oiseaux et insectes omniprésents dans l'oeuvre de Bérain ainsi que les joueurs de luth que l'on retrouve également dans les créations de Jean-Baptiste Monnoyer.

source Piasa



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