jeudi 30 janvier 2014

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RARE CABINET  En marqueterie de cuir partiellement peint au naturel ou doré. Il présente dans des encadrements à feuillage argenté des scènes bibliques néo-testamentaires figurant sur l'abattant la danse de Salomé, sur les côtés les disciples de Saint Jean Baptiste à la rencontre du Christ et le baptême du Christ. À l'intérieur, une autre scène du banquet d'Hérode après la décollation de Saint Jean Baptiste, six tiroirs et deux portes latérales ornées sur fond rouge or et argent d'oiseaux ou de militaires. Montants relaqués noirs (rapportés).  Travail vénitien vers 1600-1620. (Légers éclats). Hauteur : 40 cm - Largeur : 48,5 cm - Profondeur : 27 cm.  G.D.  À la suite de la quatrième croisade, au tout début du XIIIème siècle, Venise établit un véritable empire commercial dans certaines contrées, sur la route de Jésuralem. Les liens commerciaux déjà existants s'intensifièrent entre la cité des doges et certaines contrées du Levant. Les arts décoratifs vénitiens témoigneront pendant plusieurs siècles de cette profonde influence aussi bien dans les motifs, les techniques et les formes des objets. Cela se vérifie notamment dans l'exécution de certains cabinets vénitiens ornés de cuir, de la fin du XVIème siècle et du début du siècle suivant, qui présentent un décor général lié à l'art occidental, en l'occurrence à l'art religieux, mais réalisé grâce à des techniques empruntées à l'art musulman. Le cuir est un matériau utilisé rarement dans l'ornementation des meubles de l'époque, néanmoins certaines mentions antérieures témoignent de son utilisation, notamment la description d'un cabinet “ de cuir doré à ouvrages moresques ” qui apparaît dans l'inventaire de François Ier. Nous savons également qu'au XVIIème siècle Venise exportait des panneaux de cuir à motifs inspirés des reliures laquées destinés à l'ornementation de cabinets, elle possédait donc des ateliers spécialisés probablement tenus par des artisans émigrés. Nous connaissons même quelques rares tentures murales en cuir qui apparurent dans certaines collections prestigieuses (voir notamment les exemplaires vendus lors de la vente du Palais de San Donato en 1880), ainsi que quelques paravents. Mentionnons également que même la France, plus tardivement, utilisa ce matériau, repoussé, dans la réalisation de portraits de Louis XIV dont plusieurs exemple sont connus (voir celui passé en vente dans la collection de Luigi Anton Laura en 2001, ainsi qu'un second conservé à Vaux-le-Vicomte). Pour un cabinet dans le même esprit voir particulièrement un exemplaire, attribué à un atelier vénitien de la fin du XVIème siècle, dont les faces sont recouvertes de cuir peint en rouge rehaussé d'un riche décor d'animaux, de chasseurs et de soldats (illustré dans M. Riccardi-Cubitt, Un art européen, Le cabinet de la Renaissance à l'époque Moderne, Paris, 1993, p. 32)

source piasa

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