jeudi 17 janvier 2013

PENDULE « LE JOUR ET LA NUIT » Attribué à André-Charles BOULLE




EXCEPTIONNELLE PENDULE « LE JOUR ET LA NUIT »
Attribué à André-Charles BOULLE (1642-1732) et son atelier
Mouvement signé Etienne Ier LE NOIR (1675-1739)
Reçu Maître en 1698
Paris, vers 1715-1720
MATÉRIAUX
Placage d'ébène, écaille, cuivre, nacre, bronzes dorés et patinés
Pendule : H. 73,5 cm, 91 cm, P. 17 cm
Socle : H. 18 cm, L. 79,5 cm, P. 22 cm
Socle d'époque postérieure
Estimation sur demande

Cette rare pendule représente l'Alternance du Jour et de la Nuit, symbolisée par une figure féminine et une masculine alanguies en bronze patiné. Ces deux personnages s'inspirent de ceux réalisés par Michel Ange pour le Tombeau de Julien de Médicis à Florence au XVIe siècle.
La jeune femme, symbolisant la Nuit, tient un masque et une chouette en bronze doré. L'homme, quant à lui, exprime le Jour. D'une remarquable qualité de fonte, ils flanquent le cadran de forme circulaire ceint d'une lunette en bronze ciselé et doré de fleurettes. Il indique les heures en chiffres romains sur un fond d'émail et les minutes sont gravées sur le pourtour.
Le sommet est ponctué d'un sablier encadré de deux grues au long col dessinant des volutes encadrées de chutes de fleurs et de feuillages sur un placage d'écaille. Il repose sur un piédouche en bronze doré à décor de volutes et de feuilles d'acanthe. Les deux allégories sont positionnées sur une double volute affrontée à motifs de pastilles et de fleurettes en nacre d'un superbe mouvement.

Cette partie de la composition est soulignée par une ornementation de bronzes dorés fait d'enroulements et d'une large coquille.
La pendule est posée sur un socle à ressauts orné d'encadrements de laiton.
Outre la qualité des matériaux employés, l'élégance des proportions et la monumentalité de la composition, d'autres indices permettent d'attribuer cette œuvre à André-Charles Boulle et son atelier. A plusieurs reprises, les documents mentionnent la présence d'estampes ou de modèles représentant ces figures allégoriques qui avaient été créées par Michel Ange à Florence. Ainsi, le mémoire sur l'incendie qui eut lieu dans l'atelier de Boulle en 1720 mentionne : « Dans la mesme armoire, (…), étoient rangés, (…), toutes les estampes, choisis avec soin, répétés plusieurs fois, d'un grand nombre de maistre d'Italie comme Michel-Ange Bonarotte (…) » (sic).
Un dessin de Boulle, anciennement conservé au Château de Sans-Souci, montre également ces deux personnages au sommet d'une armoire.




En 1719, Boulle livre au Président Louis Charles de Machault un bureau avec cartonnier et une pendule similaire à celle que nous présentons.
Il est fort probable que le grand marchand-mercier Hébert participa largement à la commercialisation de ce modèle. Plusieurs inventaires attestent que ce type de pendule figurait dans les collections des plus grands amateurs de l'époque comme
Le Prince de Condé, Jean de Julienne ou Randon de Boisset. Les Archives Nationales de Paris conservent un modèle de cette œuvre avec un mouvement signé de Lepaute daté vers 1715. Celui de notre pendule est signé d'Etienne Le Noir, fils de Simon Le Noir considéré comme l'un des meilleurs horlogers de son temps. Plusieurs œuvres confirment la collaboration entre notre horloger et André-Charles Boulle comme cette pendule en cartel-baromètre conservée en main privée .
Le sujet représenté ici, parfaitement approprié pour une pendule, témoigne du génie de cet ébéniste et de son art de la mise en scène d'allégories ou de figures mythologiques, dans des réalisations toujours spectaculaires du plus bel effet décoratif.




Adjudication : 295 000 €

source Kohn

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire