jeudi 17 janvier 2013

Bureau Attribué à Bernard 1er VAN RISAMBURGH




Ce bureau traduisant de manière fastueuse l’évolution stylistique en cours au moment de la Régence était adjugé 248 000 €. Attribué à Bernard Ier Van Risamburgh, il affiche de plus un pedigree de choix, celui de l’ancienne collection du château d’Ahin à Huy, dans la province de Liège. Les origines de cette demeure, entourée d’un parc paysager à l’anglaise aménagé en 1840, remontent au XIIIe siècle. Le baron Van Zuylen avait réuni dans son château une importante collection de meubles en marqueterie Boulle. Parmi les éléments qui permettent d’attribuer celui-ci à BVRB I, citons les pieds en console, au galbe très accentué, que l’on retrouve sur plusieurs de ses réalisations postérieures à 1715. La structure de notre bureau, avec ses quatre pieds galbés dépourvus d’entretoise et ses caissons intégrés, traduit davantage l’évolution du goût sous la Régence qu’un décor encore totalement tributaire du vocabulaire louis-quatorzien. Le plateau est notamment marqueté d’une riche composition identique à celle du plateau d’un bureau, conservé au palais royal de Stockholm, directement inspiré de l’Œuvre gravé de Jean I Bérain. Le dessin des bronzes marquant l’amortissement des pieds est également encore réglé par la stricte symétrie du règne du Roi-Soleil. Dans son ouvrage sur les ébénistes du XVIIIe siècle, le comte de Salverte note que Bernard I «attachait une importance particulière aux garnitures de bronze», un fait corroboré par Alexandre Pradère dans son livre traitant du même sujet, qui indique que notre ébéniste possédait ses modèles de bronzes, fondus par Blondel. Au moment de son décès, seules des pendules ont été dénombrées. Originaire de Groene en Hollande, il s’est installé à Paris avant 1696, date à laquelle il épouse Marie-Jeanne Martel, qui lui donnera comme fils le célèbre Bernard II Van Risamburgh, l’un des plus grands ébénistes du temps de Louis XV.
(source drouot)




BUREAU PLAT EN MARQUETERIE BOULLE PROVENANT DES COLLECTIONS DU CHÂTEAU D'AHIN, A HUY
Attribué à Bernard 1er VAN RISAMBURGH (vers 1660-1738)
France, époque Louis XIV, début du XVIIIe siècle, vers 1715-1720
MATÉRIAUX
Bâti de sapin, écaille rouge, cuivre, ébène, bronzes dorés et cuir
H. 78 cm, L. 131 cm, P. 74 cm
Restaurations d'usage et d'entretien

PROVENANCE
Ancienne collection du château d'Ahin, à Huy (Belgique)
Ce précieux bureau plat très richement orné d'un décor d'arabesques en marqueterie de cuivre sur fond d'écaille rouge présente une façade chantournée et structurée autour de deux caissons latéraux, soulignés chacun d'un petit tablier en arbalète, et enfermant deux tiroirs séparés par une traverse. Un tiroir plus large occupe la partie médiane et légèrement concave du meuble, singularisée par une découpe inférieure en arc de cercle. Des consoles à enroulement inversé flanque en diagonale les angles du bureau surmontant quatre pieds en console, au galbe fortement prononcé, couronnés chacun d'une palmette stylisée, ciselée en bronze doré, et ponctués d'un sabot à enroulement d'acanthes et fleurons également en bronze et caractéristique de l'oeuvre de Bernard 1er Van Risamburgh.

Les petits côtés sont flanqués chacun d'un large panneau formant ressaut en marqueterie de cuivre sur fond d'écaille rouge, à bordure de cuivre et d'ébène, le tout souligné d'un tablier à découpe polylobée.
Le revers est identique à la façade avec des tiroirs feints. Couronnant le tout, le plateau rectiligne, ceint d'une large bordure moulurée de bronze, est orné d'une très riche composition formant triptyque, ornée au centre d'un joueur de luth assis et accompagné de deux amours, et flanquée de deux saltimbanques danseurs.

Cette composition est identique à celle du plateau d'un bureau à huit pieds des collections royales suédoises, aujourd'hui conservé au Palais Royal de Stockholm, et puise directement sa source dans l'OEuvre gravé de Jean I Bérain (1640-1711), célèbre ornemaniste que Louis XIV nomma Dessinateur de la Chambre et du Cabinet du Roi en 1675. Notre bureau présente de nombreux traits spécifiques à l'OEuvre de Bernard 1er Van Risamburgh, à commencer par son dessin général singularisé par ces pieds en console au galbe très accentué que l'on retrouve en effet sur la plupart des meubles identifiés de BVRB 1er exécutés après 1715, et en tête desquels Figure le fameux bureau à gradin commandité à Paris par le Prince Electeur Maximilien II Emmanuel de Bavière (1662-1726), actuellement conservé au Musée du Louvre à Paris.
Un goût similaire transparaît ici quant à la richesse de la marqueterie, la complexité du dessin d'ensemble, alternant parties concaves et convexes, et l'emploi de bronzes similaires tels ces palmettes rehaussées de fleurons flanquant les petits côtés du bureau du Prince Electeur et que l'on retrouve couronnant les pieds en console de notre meuble.


Ces critères se retrouvent sur les modèles conservés notamment à la Wallace Collection de Londres, au Musée des Arts Décoratifs de Paris ou dans des collections privées . Notre bureau provient du château d'Ahin, à Huy, près de Liège, propriété du Baron Van Zuylen. Il faisait partie de l'importante collection de meubles en marqueterie Boulle - incluant notre bureau - de précieuses sculptures en bois dont une remarquable Vierge et l'Enfant, une collection de bois de Spa, et des tableaux d'Englebert Fisen, Léonard Defrance, ou encore de Joachim Beukelaer, ainsi qu'une toile attribuée à Antoine Van Dyck.



RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Jean-Nérée Ronfort et Jean-Dominique Augarde, Le Maître du Bureau de l'Électeur, L'Estampille-L'Objet d'Art, n° 243, janvier 1991, pp. 42-75

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