jeudi 22 novembre 2012

MIROIR DE VOYAGE ET DE TOILETTE


MIROIR DE VOYAGE ET DE TOILETTE
France, époque Régence
Matériaux : Ecaille rouge, cuivre et palissandre
H. 64 cm, L. 53 cm
Ce miroir de table de forme mouvementée s'orne sur son pourtour d'une marqueterie « Boulle » composée d'un élégant décor de rinceaux feuillagés en cuivre doré se détachant sur un fond d'écaille rouge.

Cette ornementation est rythmée aux épaulements anguleux par de larges coquilles finement
gravées.
En partie basse, on observe un petit visage humain d'où s'échappent des feuilles d'acanthe.

L'arrière a également fait l'objet d'un grand soin au regard de son placage de palissandre qui recouvre les fonds et le valet permettant de le maintenir droit.

La forme chantournée de cette oeuvre traduit une production du second quart du XVIIIe siècle et tranche avec les réalisations du règne de Louis XIV où, très souvent, les artistes privilégiaient les formes droites, l'usage de l'ébène et un décor foisonnant.

C'est au XVIIe siècle que ce type de miroir connut un véritable essor comme le montrent plusieurs vues d'intérieurs domestiques gravées par Abraham Bosse vers 1630.

Ils étaient alors conçus pour reposer sur une table de toilette ou coiffeuse grâce à un support (valet) et pouvaient être transportés dans des coffrets lors des voyages de leurs riches propriétaires. Objet intime et féminin par excellence, le miroir de table témoigne de l'importance que les aristocrates du XVIIe et du début du XVIIIe siècle attachaient à leur apparence, notamment pour le maquillage mais aussi l'habillement.
A cette date, va apparaître l'expression « être à son miroir » et Madame de Maintenon d'écrire à Madame Daubigny en 1678 : « Trois heures aux miroirs, tous les matins, c'est deux de trop ».
Cet engouement pour la mode et la beauté est parfaitement illustré dans une gravure de Jean Mariette (1654-1742) montrant Mademoiselle de Mennetoud à son miroir. Richement vêtue, elle contemple son visage dans un miroir posé sur une table.

Le tissu qui le recouvre montre la préciosité de cet objet ; on rabattait cette étoffe pour le protéger lorsque l'on ne s'en servait
pas.


source vente Kohn

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire