mardi 18 septembre 2012

paire de cabinets bas à décor de marqueterie

 


André-Charles Boulle
(1642-1732), paire de cabinets bas à décor de marqueterie de laiton, d’étain et d’écaille
de tortue, époque Louis XIV, 102 x 76,5 x 39 cm.
Estimation : 1,5/2 M€.

Partie et contrepartie… La marqueterie de cuivre, d’étain et d’écaille de tortue à laquelle Boulle a laissé son nom se décline par paire. Ce qui permettait d’avoir le même décor dans deux tonalités différentes. Il faut s’imaginer l’effet produit par ces somptueux meubles brillant doucement à la lumière du jour ou à celle des bougies. Les coloris de pierres précieuses de l’écaille de tortue, rehaussés par l’or des bronzes, ou au contraire, l’éclat opalescent du laiton conjugué à la chaleur du cuivre se marient à la décoration de tableaux, tentures et rideaux des intérieurs de l’époque. Un tel faste ne peut être qu’à la portée du roi, de son entourage ou de grands financiers et autres titulaires de charges importantes. Quand on sait qu’une paire similaire, mais ornée du profil de Louis XIV, est conservée au Louvre, la piste d’une commande du Roi-Soleil est tout à fait envisageable. Car cette paire a été modifiée après la Révolution. Les médailles du cardinal Mazarin (1602-1661), d’après Jean Warin, et de Marie-Madeleine d’Autriche (1589-1631), épouse de Cosme II de Médicis, d’après Guillaume Dupré ont remplacé le profil royal. La structure de ces meubles, ouvrant par un vantail découvrant quatre tiroirs, les côtés dotés également de vantaux simulant quatre tiroirs et en découvrant quatre, indique probablement leur fonction de médailler. En somme, un côté somptuaire et pratique à la fois. Plusieurs hypothèses ont été avancées quant aux dates de modification des cabinets lorsqu’ils reçoivent de nouveaux profils : prérévolutionnaire, si la paire avait appartenu à la duchesse de Mazarin, qui aurait fait ajouter le profil de son illustre parent sur l’un ; son pendant modifié après la Révolution avec une médaille de mêmes dimensions. Une autre hypothèse parie pour un changement plus tardif des deux cabinets. Reste la maestria du décor marqueté et des ornements de bronze doré qui désigne André-Charles Boulle comme son créateur. Ses oeuvres défient aussi les modes, car, même à la fin du XVIIIe siècle, on se disputait les "Boulle" dans les ventes aux enchères… tout comme aujourd’hui.
Mercredi 26 septembre. Drouot-Richelieu, salle 5-6.

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