lundi 9 juillet 2012

cabinet d’époque Louis XIV de Gole


Le riche décor marqueté de ce cabinet d’époque Louis XIV , il possède un piètement postérieur comme souvent sur ce type de meuble, un inconvénient compensé par une attribution flatteuse, Pierre Gole.


 Ce cabinet peut en effet être rapproché d’un modèle similaire, reproduit dans l’ouvrage de référence sur l’ébéniste écrit par le professeur Theodoor Lusingh Scheurleer, édité chez Faton. On retrouve par exemple le même travail de marqueterie sur les tiroirs latéraux. Il peut également être apparenté au cabinet conservé au musée des Arts décoratifs de Paris, ouvrant pour sa part par deux vantaux et possédant notamment un couronnement à balustrade et pot à feu similaire. La porte centrale de notre meuble dévoile quant à elle un théâtre à double perspective, la première à miroirs latéraux flanqués de piédestaux, destinés à recevoir des sculptures, la seconde étant ornée également de miroirs, mais sur ses trois côtés. Amovible, le panneau du fond reprend la disposition de la façade, avec douze petits tiroirs. Il est orné d’une sculpture d’Hercule et dissimule trois tiroirs secrets. Descendant des fameux studiolo de la Renaissance, le cabinet est conçu pour abriter les menus objets précieux, bijoux et papiers importants. Dans un tableau de l’atelier de Frans II Francken, on voit ainsi un cabinet flamand dont un tiroir laisse apercevoir un collier. C’est également du nord de l’Europe qu’est originaire Pieter Goolen, francisé en Pierre Gole. Originaire de Bergen, dans la Hollande septentrionale, il vient travailler à Paris vers 1640, suivi très vite par ses deux frères cadets. Ses affaires fonctionnent avec succès puisque, en septembre 1651, il est en mesure d’acquérir la charge de «menuisier en ébène ordinaire du roi». Comme le font remarquer Jean Néré Ronfort et Jean-Dominique Augarde dans le catalogue de l’exposition «André Charles Boulle (1642-1732), un nouveau style pour l’Europe», Gole se différencie de ses prestigieux confrères, Boulle lui-même, Domenico Cucci et Alexandre-Jean Oppenordt, en ayant payé pour obtenir son titre d’ébéniste du roi, et non en ayant d’abord fourni la Couronne. Les mêmes auteurs écrivent que si Gole a lui aussi excellé dans la composition de marqueterie de métal et écaille, sans oublier l’ivoire, «il n’en resta pas moins jusqu’à la fin de sa vie fidèle à une thématique florale très élaborée et très personnelle, s’exprimant sous la forme d’arabesques dans presque toutes ses créations». Notre cabinet en fait une brillante démonstration.


prix 245 000 €.

drouot 2010

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