samedi 2 juin 2012

Gaine


Les meubles pour les plus grands intérieurs en France dans les années  1700 sont conçu pour impressionner, plutôt que pour être vraiment utilitaire. Les chambres sont grandes et sont meublées d' ensembles de tables et de chandeliers. Une des formes les plus en vogue de la décoration pour le mobilier  était de marqueterie Boulle, il est possible que ce piédestal et sa paire (musée. 1025-1882) ait été effectivement réalisés dans l'atelier de Boulle.
Lorsque ces socles ont été rénové en 1970, une petite feuille de papier a été trouvé, utilisé comme emballage dans le cadre du sommet de l'un d'eux, inscrit quelques mots en français et une date 1693.





© V & A Images.

 montures en bronze doré




  © V & A Images.
Caisson de pin; plaqués d'écaille de tortue,montures en bronze doré, laiton gravé et d'étain

 
montures en bronze doré © V & A Images.





Au XVIIIe siècle, ce modèle de gaines apparaît régulièrement dans les grandes ventes aux enchères parisiennes de l'époque, parmi les plus célèbres mentionnons particulièrement : celles qui figurèrent dans les collections de Jean de Julienne en mars 1767, de Monsieur Bonnemet en décembre 1771, du receveur général des finances Pierre-Paul-Louis Randon de Boisset en février 1777, de Monsieur Lebrun en janvier 1778, de Monsieur Dubois en décembre 1785, de Monsieur de Boullongne en mai 1787, de Madame de La Mure en avril 1791 et du baron de Bezenval en août 1795. Citons également qu'une aquarelle représentant une gaine du même modèle est conservée au Palazzo Rosso à Gênes ; elle fut certainement exécutée en 1770 afin de proposer aux acheteurs étrangers les chefs-d'œuvre de la collection Lalive de Jully (voir P. Fürhing, “Design for and after Boulle furniture”, The Burlington Magazine, juin 1992, p.355). Quant aux exemplaires conservés de nos jours, ils figurent le plus souvent dans les collections muséales internationales ou dans certaines grandes collections privées. Le musée du Louvre possède trois paires dont certaines portent les estampilles des ébénistes Séverin et Levasseur qui durent intervenir en tant que restaurateurs ; deux de ces six gaines furent probablement saisies à la Révolution à l'hôtel de Noailles (voir D. Alcouffe, A. Dion-Tenenbaum et A. Lefébure, Le mobilier du musée du Louvre, Tome 1, Dijon, 1993, p.88-89, catalogue n°22) ; d'autres sont passées sur le marché de l'art, notamment une paire, provenant de la collection du comte de Carnarvon au château de Highclere, vendue chez Sotheby's, à Londres, le 24 juin 1988, lot 73 ; une deuxième se trouvait anciennement dans la collection de M. et Mme Howard Keck dans leur résidence La lanterne Bel Air en Californie (vente Sotheby's, New York, les 5-6 décembre 1991, lot 26) ; une troisième, censée provenir des collections du duc d'York, a figurée dans la collection Hubert de Givenchy (vente Christie's, Monaco, le 4 décembre 1993, lot 67) ; enfin, citons une dernière paire, anciennement dans la collection du duc de Guiche, passée en vente à Paris, le 16 octobre 1996, lot 205.
Enfin, relevons particulièrement le nombre important d'exemplaires conservés en Grande-Bretagne, reflet de l'intérêt hors du commun porté à la marqueterie Boulle en général, et à ce modèle de gaines en particulier, par certains grands collectionneurs britanniques depuis le début du XIXe siècle. Ainsi, quatre gaines à tablier figurent dans les collections du duc de Devonshire à Chatsworth dans le Derbyshire ; un autre ensemble de quatre gaines est conservé à Uppark dans le Sussex ; une paire est à Castle Howard dans le Yorkshire ; enfin, cinq gaines, quatre réalisées par Levasseur dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et une cinquième probablement par André-Charles Boulle, sont conservées dans les collections du duc de Wellington à Stratfield Saye ; elles furent achetées à Paris dans le premier quart du XIXe siècle par l'intermédiaire du marchand Ferréol de Bonnemaison (voir M. Aldrich, “A Setting for Boulle Furniture : The Duke of Wellington's Gallery at Stratfield Saye”, Apollo, juin 1998, p.19-27).


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