dimanche 10 juin 2012

Pendule «aux harpies» vers 1700




 

Grande pendule « aux harpies » en marqueterie d'écaille brune et de laiton et bronze doré et ciselé, sur gaine.
Vers 1700.
Pendule attribuée à André Charles BOULLE, d'après un modèle de Jean Berain.
Le cartel est surmonté d'un dôme treillagé sommé d'une figure du Temps, souligné de guirlandes de fleurs, de têtes de bélier et flanqué de pots à feux. Les montants sont ornés en partie haute de masques d'espagnolette et de femmes ailées ou harpies en partie basse. Le vantail central vitré est orné des figures des Trois Parques. Il repose sur des pieds en console à enroulement. Le cadran à chiffres romains émaillés et le mouvement sont signés de Jean-Baptiste Baillon. La gaine de forme trapézoïdale légèrement bombée en partie haute est ornée aux angles de masques d'hommes barbus et de feuilles d'acanthes.
Le plateau est ceinturé d'une frise de godrons. La ceinture présente des cannelures simulées. Elle ouvre par un vantail à décor d'arabesques et de feuillages. Repose sur une plinthe découpée, ceinturée d'une frise de feuilles et supportée par des sabots à enroulements. Elle est l'ouvrage d'un ébéniste postérieur de Boulle.
Pendule :
Haut. : 108 cm - Larg. : 55 cm - Prof. : 21,5 cm.
Gaine :
Haut. : 129 cm - Larg. : 55 cm - Prof. : 29 cm.
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Jean-Baptiste Baillon, horloger, installé place Dauphine, A la Belle Nuage, en 1700.
André-Charles Boulle (1642-1732), ébéniste, ciseleur, doreur et sculpteur du Roi.
Jean Bérain, dessinateur et ornemaniste.

Cette pendule s'inspire d'un dessin de Jean Bérain, autour de 1680 (Bibliothèque Nationale). Le modèle de la présente est généralement attribué à André-Charles Boulle et est désigné comme « Pendule aux harpies ».
L'inventaire de la boutique de la veuve du marchand Louis Ourry en 1700 mentionne la présence de « deux boëtes avec des harpies et des pieds en consoles » (cité par J.N. Ronfort in Vergoldete Bronzen, Munich, 1986,p. 159, note 191). Il est intéressant de noter les grandes similitudes qui existent avec un modèle en terre-cuite pour une pendule (circa 1710-1715) conservé au J.P. Getty Museum. Plusieurs exemplaires de cartels de ce type et présentant des variantes de motifs décoratifs sont connus. Quelques uns sont combinés avec une gaine tel celui de la collection Ogden Phipps (vente Sotheby's New- York, 19 octobre 2002, lot 85) ou celui conservé dans les collections de S.M. Elizabeth II à Windsor Castle.
Ce dernier présente également les Trois Parques au centre du vantail vitré. S'il est certain que Boulle a produit les premiers modèles de ces pendules, il est admis que des ébénistes parisiens tels Charles Cressent (1685-1768) aient pu en fabriqué également. Dans un procès intenté à Cressent en 1723, le fondeur Noël Brossard témoignera avoir réalisé pour lui « plusieurs petits figures en termes qu'il appelle harpies et leurs suite…pour orner des pendules ». Une autre pendule appelée pendule robert de Cotte, attribuée à Boulle par J.N. Ronfort, (op.cit. p. 489, pls. 17a,17b) est sommée d'une figure allégorique du Temps, similaire à la nôtre. Une pendule aux harpies est mentionnée dans la vente du duc de Chabot, 17 décembre 1785, lot 376, avec le commentaire suivant : cette pendule de bonne forme et de bon gout dans ses ornements, est considérée comme un des bons ouvrages de ce fameux ébéniste (Boulle). Une autre, sur gaine, figure dans la vente de M. Coclers, 29 février 1789, lot 267 : 267, Une pendule en marqueterie sonnant les heures et les demies de forme cintrée et à quatre pilastres à consoles, à figures de femme ailées, terminée du haut par un balustre à dôme à mosaïque, cassolette et autres ornements, sur socle à avant-corps, et posée sur gaine aussi à panneaux de marqueterie, garnie de moulures à feuille, consoles, supportées par quatre boules, hauteur 7 pieds (2,27 m.)…


prix:120 000 euros

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