lundi 14 mai 2012

TRÈS IMPORTANT CARTEL À POSER ET SON SOCLE


TRÈS IMPORTANT CARTEL À POSER ET SON SOCLE
De forme violonée, en placage d'écaille brune et cuivre à décor de lambrequins, rinceaux et quartefeuilles.
Il présente une riche ornementation de bronzes ciselés et dorés.
Le mouvement signé : André HORY à Paris.
Le cadran indique les heures en chiffres romains dans des cartouches émaillés bleu et blanc sur un fond orné d'oiseaux, bustes à l'Antique, vases fleuris et écureuils.
À l'amortissement il présente une statuette figurant Minerve, assise près de son bouclier, tenant une lance. Décor aux chutes de termes à buste de femme supportant des enroulements à feuilles d'acanthe.
Au centre le tablier est orné de deux Renommées reposant sur une dépouille de lion. Pieds à masque d'homme barbu et griffes.
La console présente une agrafe et un encadrement godronné.
Les montants à larges enroulements à masque de femme et coquilles.
Époque Louis XIV.
Hauteur : 142 cm - Largeur : 154 cm - Profondeur : 29 cm.

L'œuvre d'André-Charles Boulle est relativement bien connue grâce aux inventaires de ses ateliers effectués de son vivant et après son décès dans le premier tiers du XVIIIème siècle. Toutefois, à défaut de descriptions précises ou de documents convaincants, certaines de ses créations ne peuvent lui être attribuées que par des recoupements en comparant le dessin ou le décor de bronze doré d'un meuble ou d'un objet d'art. C'est le cas du cartel présenté dont la composition générale offre quelques analogies avec des cartels de la même époque de toute évidence sortis d'ateliers de certains confrères parisiens de Boulle, notamment Bernard Ier Van Risamburgh (voir J-D. Augarde et J-N. Ronfort, Le maître du bureau de l'électeur de Bavière, in L'estampille/L'objet d'art, 243, janvier 1991), mais dont la force et l'originalité de son décor de bronze doré révèle l'extraordinaire virtuosité de l'ébéniste de Louis XIV.
La caisse est richement décorée de masques de satyre terminés en fortes griffes de lion, d'un jeune couple enlacé, de quatre figures de femmes terminées en gaine, probablement des allégories des quatre continents, enfin d'une grande Minerve assise armée d'une lance qui conclut la composition. Néanmoins il ne semble pas que ces motifs soit identifiables dans l'œuvre d'André-Charles Boulle, c'est le décor du socle ajouré à volutes qui permet une attribution à l'ébéniste. En effet, les quatre masques féminins à coiffure, composée notamment de deux tresses nouées sous le menton, sont caractéristiques des réalisations de Boulle, mais c'est surtout le masque d'Héraclite sur le fût central qui est la véritable signature du maître. Ce motif se retrouve notamment sur un bureau plat vendu chez Sotheby's, à Monaco, le 4 mars 1989, lot 268 (illustré dans A. Pradère, French Furniture Makers, The Art of the Ebénistes from Louis XIV to the Revolution, 1989, p.91) ; ainsi que sur un second bureau provenant de la collection Tannouri (reproduit dans P. Kjellberg, Le mobilier français du XVIIIème siècle, 2002, p.118).
Une pendule identique supportée par un socle, le tout reposant sur une gaine, est illustrée dans P. Heuer et K. Maurice, European Pendulum Clocks, 1988, p.103 ; enfin une seconde, plus tardive, présentant un motif de couple enlacé identique, est reproduite dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen-Age au XXème siècle, Paris, 1997, p.73.
André-Charles Boulle (11 novembre 1642-29 février 1732) est le plus important ébéniste du règne de Louis XIV. Dès les années 1660 il est remarqué par Colbert qui le décrit à Sa Majesté comme " le plus habile dans son métier ". Rapidement il se compose une clientèle prestigieuse comprenant notamment le Roi et la Reine, Monsieur, frère du roi, le prince de Condé, le duc de Bourbon, le cardinal de Rohan et de nombreuses personnalités de la haute aristocratie et de la finance parisienne. De nos jours ses réalisations sont conservées dans les plus importantes collections françaises et internationales, citons notamment le Louvre, le Musée national du château de Versailles, la Wallace Collection à Londres et le Metropolitan Museum de New York.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire