lundi 14 mai 2012

Bureau plat Attribué à Boulle


Bureau plat en bois plaqué d'ébène en seconde partie d'étain et d'écaille,
ornementation de bronze doré, attribué à André Charles Boulle (1642-1732),
début de l'époque Régence
à Drouot Richelieu, le 8 décembre 2008 – SVV Christophe Joron-Derem



Contrat rempli pour ce bureau plat du début de l’époque Régence attribué au grand André-Charles Boulle, puisqu’à 240 000 € il respectait sa fourchette estimative. Ébéniste de la cour royale française, mais travaillant aussi pour Philippe V d’Espagne, l’évêque de Cologne, le prince Maximilien-Emmanuel de Bavière, les ducs de Savoie ou encore le Grand Condé, Boulle doit son succès à son inventivité et à l’originalité de ses créations, tant en ce qui concerne leur décor que leur forme ou leur typologie. S’il n’est pas à l’origine du type de marqueterie qui porte son nom - d’origine allemande, elle résulte du découpage d’un motif décoratif dans deux ou trois placages superposés de couleurs contrastées de bois, métal et/ou écaille de tortue -, il l’a portée à son apogée. Notre bureau mêle ainsi l’ébène, l’écaille et l’étain dans un décor dit en seconde partie, lorsque le décor sombre se détache sur un fond clair. Boulle va également exceller dans la réalisation des bronzes, le privilège royal dont il jouit lui permettant de passer outre les monopoles corporatistes.
 En témoigne notamment le recueil du début du XVIIIe siècle gravé par Mariette, Nouveaux Dessins de meubles et ouvrages de bronzes et de marqueterie inventés et gravés par André Charles Boulle.

Le succès de ce bureau réside également dans la qualité de ses bronzes, notamment le masque d’Héraclite, le philosophe grec, qui orne le tiroir central et dont la barbe sert de prétexte à la présence de la poignée mobile.
 Côté typologie, on doit également à Boulle le développement du bureau plat et de la commode. Le musée des Arts décoratifs conserve un dessin du début du XVIIIe siècle attribué à André Charles Boulle, un projet de bureau plat d’un modèle très proche de notre exemplaire. Défini en 1648 par Antoine Furetière dans son Dictionnaire de l’Académie comme suit, "une table garnie de quelques tiroirs ou tablettes où les gens d’affaires ou d’étude écrivent et mettent leur papier", le bureau est une invention récente. Il naît vers 1670 sous la forme dite "mazarin" avec huit pieds soutenant deux caissons à tiroirs encadrant une niche en retrait fermée par un portillon.

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