lundi 14 mai 2012

Bernard Ier van Risamburgh et de son fils BVRB


Grand Bureau à caissons de type Mazarin ouvrant par 7 tiroirs dont 1 en retrait et 1 trappe. L'ensemble, de forme rectangulaire, repose sur 8 pieds ajourés en consoles réunis par des entretoises en X.

Riche marqueterie de type Boulle "en partie" composée de laiton gravé, de cuivre rose, d'étain gouaché, de corne verte ou polychrome et de nacre sur fond d'écaille de tortue et d'ébène.

Le décor tiré de l'oeuvre de Jean Bérain présente un répertoire riche et varié animé de personnages et d'animaux dans des rinceaux feuillagés. Les entretoises sont "en contrepartie"
Epoque Louis XIV (après 1695)
Largeur 134 cm - Profondeur 75 cm - Hauteur 81 cm
Notes
Notre bureau présente de nombreuses similitudes avec d'autres réalisations de Bernard Ier van Risamburgh :

- D'un point de vue morphologique, il est très proche de celui figurant dans les collections du Victoria and Albert Museum à Londres (In. 372 - 1901).


- D'un point de vue iconographique, certains détails ou scènes, contribuant au décor de la marqueterie de notre bureau, sont repris à l'identique, sur des réalisations contemporaines ou postérieures, à l'instar du très spectaculaire bureau à gradin de l'Electeur de Bavière conservé au Musée du Louvre (Inv OA 9538) : la scène, représentant des serviteurs emplumés portant des corbeilles de fruits figurant sur le dessus de notre bureau, est reprise à l'identique dans la composition en marqueterie du dessus du bureau de Maximilien II Emmanuel


- On retrouve d'autres détails, tels le masque riant figurant sur la porte intérieure de la pendule sommant ce même bureau ou bien sur les tabliers du bureau figurant dans les collections du Victoria and Albert Museum de Londres.

- D'autres détails comparables, tels ceux représentant un personnage dansant sont réutilisés pour la marqueterie des panneaux intérieurs des caissons du bureau des Ducs de La Roche-Guyon.

- Autant de similitudes qui, avec d'autres, attestent et confirment l'attribution de ce meuble à Bernard Ier van Risamburgh.


Bernard Van Riesen Burgh, quelquefois orthographié Bernard Van Risenburgh, plus connu sous les 4 lettres BVRB, l'estampille avec lesquels ils signaient leurs meubles est une dynastie d'ébénistes, originaire de Hollande, et travaillant à Paris depuis la fin du XVIIe siècle. Les 3 générations portent le même prénom et nom, Van Riesen Burgh (ce dernier quelquefois avec une orthographe différente), il a donc été pris l'habitude de les différencier par un chiffre.



Dessus du bureauDessus (laiton, cuivre rose, écaille de tortue, nacre, étain, corne verte)
Dais
Masques
Joueurs de cornemuse
Lapins en nacre
Femme enturbannée
Serviteurs emplumés portant des corbeilles de fruits
Rinceaux feuillagés
Papillons
Oiseaux fantastiques
Vases fleuris
Chiens
Attributs militaires
Palmiers

Côtés
Dais
Lapins
Chiens
Profils
Rinceaux feuillagés

Sources :
Les Artisans
Décorateurs du bois au Faubourg Saint-Antoine
Daniel Alcouffe
Editions Faton, Dijon - 2008

André Charles Boulle (1642 - 1732)

Ouvrage collectif sous la direction de Jean Nérée Ronfort
Exposition au Museum für Angewandte Kunst, Francfort
Du 28 octobre 2009 au 31 janvier 2010
Ce Bureau figurera dans le livre retraçant la vie et l'oeuvre de Bernard Ier van Risamburgh et de son fils BVRB.
Ce livre est actuellement en cours de préparation.
This Bureau Mazarin will be illustrated in the book about Bernard Ier van Risamburgh and his son BVRB.
This book is at the moment in progress.


Article trouvé sur:
http://galeriebergerobjet.blogspot.fr/

Autre meuble attribué Bernard Ier van Risamburgh




Bernard II Van Risamburgh (m. vers 1766), le faubourg Saint-Antoine bniste , est considéré comme le plus grand ébéniste de la moitié du 18e siècle. Il a fourni des meubles à l'Dauphin & Dauphine à Versailles si le marchand mercier Hébert, et est crédité pour la réintroduction de la mode de la décoration meubles plaqués avec marqueterie de fleurs, qui a depuis sorti de la mode en 1700. Une de ses premières œuvres dans ce style est le fameux bureau plat fourni avec le dauphin à Versailles, qui est daté à environ 1745. La marqueterie de fleurs et encadrement de cette encoignure suggèrent qu'il peut être datée à environ 1755, lorsque BVRB ont commencé à utiliser que son bois de rose pâte plutôt que de satin bois bordé par l'amarante.



Longtemps resté ouvrier libre, Bernard Ier Van Risen Burgh, ne se fit recevoir maitre-ébéniste que tardivement.
Les actes le montrent utilsant ce titre à partir de 1722.
Il fut juré de sa corporation de 1729 à 1731.
Installé dans le faubourg Saint-Antoine, il parvint très tôt à une réputation enviable qui lui valut des commandes de clients prestigieux comme la duchesse de Retz, de Lesdiguières et l'Electeur Max-Emmanuel de Bavière, pour lequel il travailla plus ou moins directement pendant une vingtaine d'années.
Bernard Ier Van Risen Burgh fut un spécialiste de la marqueterie d'écaille et de métal, produisant quelques chefs d'oeuvre qui montrent une maitrise des formes peu commune avec emploi de ressauts, galbes et contre-galbes. Ses marqueteries sont emplies de personnages et de rinceaux dénotant la même assurance.
La paire de scabellons que nous présentons est caractéristique de cette production par leur forme particulière et leur décor toutes faces qui laisse à penser qu'elles étaient placées de façon à permettre de tourner autour.
Par ailleurs, le décor de ces scabellons évoque la personnalité de la duchesse du Maine. Fille du prince de Condé, premier prince du sang et de la princesse Palatine Anne de Bavière (1648-1723), elle épousa à Versailles, le 19 mars 1692, Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736), batard légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan.
Cette princesse, belle-fille du Roi Soleil, tenait dans son chateau de Sceaux une cour joyeuse et folatre ou elle patronnait de nombreux artistes.
Elle commanda notamment des décors à Claude III Audran (1654-1737), l'un des artistes qui avec Jean Bérain fit évoluer l'ornement à la fin du XVII° siècle.
Aux canons quelque peu hiératiques, d'une théatralité classique, les ornemanistes substituent des motifs légers : les formes s'amincissent en un réseau léger, avec une fantaisie pleine de caprice.
Notre paire de scabellons rappelle cette évolution du décor, notamment avec ces personnages représentés dont des fous dansant avec leur marottes.
Ils évoquent plus particulièrement la Duchesse du Maine avec les armes de Bavière et la représentation de ruches et d'abeilles qui rappellent le fameux Ordre de la mouche à miel que la Duchesse créa en 1703.



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