vendredi 17 février 2012

Cabinet attribué à Pierre Gole (v. 1620-1684) – Cabinet, vers 1670 – Nostell Priory


Pierre Gole, né en Hollande vers 1620, apprit le métier de menuisierébéniste
à Paris auprès d’un autre Néerlandais, Garbrandt,
dont il épousa la fille et auquel il succéda à partir de 1650.
Fournissant de riches particuliers et la famille royale, il reçut le titre
d’ébéniste du Roi à la majorité de Louis XIV en 1651.

Attribué à Pierre Gole (v. 1620-1684) – Cabinet, vers 1670 – Nostell Priory




Fruit de 30 années de recherches, le livre du
professeur Scheurleer trouve une partie de ses sources dans
les factures des livraisons à la Couronne,
révélatrices du luxe exceptionnel de ces fournitures :
« Ainsi Gole livrait-il en 1663 un ameublement royal pour la chambre
de Louis XIV dans un Versailles totalement renouvelé. Le meuble le
plus important de cet ensemble était un cabinet impressionnant avec,
dans une niche centrale, la statue en bronze doré de la déesse Pallas,
symbole de la Sagesse. La décoration de ce cabinet était en
marqueterie “fond d’yvoire à fleurs et feuillages de bois de diverses
couleurs”, et des deux côtés se trouvaient deux grands guéridons de
marqueterie “fond d’yvoire à fleurs dediverses couleurs”. Dans
la pièce se trouvait aussi une table “de marqueterie fond d’yvoire
à fleurs, oiseaux et papillons de bois de diverses couleurs…”
dont les quatre pieds étaient composés de colonnes, décorées
également de marqueterie. De même cette table était accompagnée
de deux guéridons mais cette fois-ci de plus petite taille, décorés
de marqueterie sur fond d’ivoire. D’après les descriptions, l’ensemble
était digne d’un conte de fées… »
Cet ensemble a disparu mais le V&A de Londres conserve le cabinet
marqueté sur fond d’ivoire destiné à Philippe d’Orléans.
Gole à ses débuts produisait des cabinets d’ébène. Il avait reçu
d’importantes commandes de Mazarin. Après l’arrivée au pouvoir de
Louis XIV, répondant à la fascination du Roi et de la Cour pour l’Orient,
il produit des meubles « vernis façon de la Chine » c’est-à-dire laqués.
Gole meurt en 1685. Son inventaire après décès montre la variété de
sa production et donne une image révélatrice du mobilier et du goût
de l’époque qui n’a pas encore adopté un style. On y trouve :
– des armoires en chêne, ou en « beau noyer de Grenoble » ou en
marqueterie à 4 couleurs (dont des « armoires à livres »)
– de grands bureaux de 5 à 6 pieds de long, certains en poirier noirci
– des petits bureaux, des gradins, des serre-papiers
– des cabinets à ornements de pierres précieuses.
Les surfaces sont marquetées de cuivre et d’étain,
ou couvertes de tableau de paille. Les pieds sont en gaines dorées,
en termes dorés ou en torsade.
Le professeur Lunsingh Scheurleer a recherché les meubles
de Gole dans toutes les grandes collections. Il en a découvert plus
de quarante, certains identifiés par les sources écrites,
d’autres reconnus comme ouvrages de Gole grâce
aux particularités du décor.
Cet ouvrage fera date dans la connaissance du mobilier français
du XVIIe siècle.


137
137_1
137_2
137_3
137_4
Exceptionnel cabinet. Attribué à Pierre Gole (1620-1685). Époque Louis XIV. Photo courtesy  Europ Auction
en bois plaqué d'ébène, bois teinté, ivoire, laiton et argent reposant sur un piètement présentant deux tiroirs simulés et six pieds reliés par une entretoise. Il ouvre, en partie supérieure par un abattant dévoilant un miroir ; en façade, par deux vantaux ornés d'une riche marqueterie de bois fruitiers figurant des vases fleuris dans des rinceaux. Ils découvrent une série de neuf tiroirs, disposés quatre à quatre autour d'un portique architecturé. Celui-ci est constitué de deux vantaux en argent sculptés de deux amours musiciens, alternant avec des colonnettes incrustées de rinceaux. Le fronton est surmonté de deux figures féminines en argent et encadrent des armoiries. La perspective derrière le portique est composée de huit tiroirs, disposés quatre à quatre, et de miroirs dans le fond. H 178, L 118, P 52 cm (Restaurations d'usage). Estimation: 150 000 - 200 000 €
Bibliographie: Th. Lusingh Scheurleer, Pierre Gole ébéniste du roi, éditions Faton, Dijon, 2005.
Les armes figurant sur le cabinet sont les armes d'alliance de Balbian (province d'Utrecht) et de Oem Van Wyngaarden, (province de Hollande). Devise: " de leeuw is bevrydt met groene zooden ". Ce cabinet datable de la seconde moitié du XVII° siècle rappelle, par la qualité de son décor végétal, les ouvrages marquetés par les artisans privilégiés du roi Louis XIV travaillant aux Gobelins, tel Pierre Gole. Ce dernier, né en 1620 en Hollande, fait son apprentissage à Paris et devient en 1651 ébéniste du Roi, à la majorité de Louis XIV. Les meubles qu'il réalise en marqueterie fl orale pour le roi et la cour figurent aujourd'hui dans les collections publiques les plus prestigieuses.
Un cabinet très similaire à celui que nous proposons est conservé au Musée des Arts Décoratifs à Paris. Les cabinets, lointains héritiers des barguenos espagnols, se retrouvent d'abord en Flandres dans les possessions de la Couronne d'Espagne. De cet héritage sans doute même mauresque, ils conservent l'apparence: un piétement supportant une caisse à ouvertures multiples, fermée par un plateau, très tôt remplacé par des portes. Il garde sur les côtés deux poignées

Cabinet par Pierre Gole

-





 Cabinet de Pierre Gole reproduit, réalisé vers 1760-1780 et désiré à hauteur de 305 000 €, une estimation dépassée. La très riche marqueterie de fleurs sur fond d’ébène est typique de ce maître, qui s’en est fait une spécialité à partir des années 1660.

Vendredi 21 novembre 2008, salle 1 - Drouot-Richelieu.
              

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire