samedi 19 novembre 2011


BIBLIOTHEQUE A HAUTEUR D'APPUI, le bàti de sapin, en placage d'ébéne à décor de rinceaux, de guirlandes feuillagées sur le dessus et les côtés. Elle ouvre à deux portes vitrées en marqueterie Boulle en premiére partie sur fond d'ébéne. L'intérieur est garni de deux tablettes fixes. Elle repose sur une plinthe ajourée dont la découpe est soulignée par un simple filet. Ornementation de bronzes ciselés et dorés tels qu'entrée de serrure et lingotiére en bec de corbin. Attribuée à André-Charles Boulle (1642 -1732) Époque Louis XIV, vers 1700 H 120, L 110, P 41 cm Cette bibliothéque a été reproduite dans «L'Estampille», n°102, d'octobre 1978, à l'occasion de la Biennale sur le théme «redécouvrir André-Charles Boulle». Dérivée de l'armoire, grillagée ou vitrée, ce modéle apparaît dans les derniéres années du XVII° siécle et fait l'objet de nombreuses productions de Boulle et de son atelier. Né à Paris d'un pére menuisier d'origine hollandaise, André-Charles Boulle est reçu maître ébéniste avant 1666. En 1672, Colbert le désigne au roi Louis XIV comme «le plus habile de Paris dans son métier» et lui obtient le privilége royal d'un logement au Louvre. Il reçoit alors le brevet d'ébéniste, ciseleur, doreur et sculpteur du Roi, qui lui permet d'exercer la double activité de bronzier et d'ébéniste, au mépris des régles des corporations. En 1677, il épouse Anne-Marie Leroux qui lui donne sept enfants dont quatre fils qui seront ébénistes. En 1715, il leur fait donation de son affaire et de ses biens. Les ateliers Boulle prospérent jusqu'en 1720 oû ils sont détruits par un incendie, avec leur stock de meubles. On y comptait alors une trentaine d'ouvriers dont vingt établis pour l'ébénisterie et six ouvriers pour le bronze. Malgré son succés, Boulle connait tout au long de sa carriére des difficultés financiéres en raison des nombreux achats qu'il effectue au profit de sa collection de dessins, d'estampes et de médailles. André-Charles Boulle travaille pour les Bàtiments du Roi, exécutant des meubles destinés au Roi Louis XIV, à la reine et au Grand Dauphin. Il réalise ainsi le décor en marqueterie (aujourd'hui détruit) de l'appartement du Grand Dauphin reconnu comme un chef-d'oeuvre par ses contemporains. Outre la famille royale, il compte parmi ses clients des financiers, des ministres et de hauts fonctionnaires comme Pierre et Antoine Crozat, le ministre Louvois ou l'intendant du Garde-Meuble Moyse Augustin de Fontanieu, mais aussi de grands personnages comme le cardinal de Rohan, le duc d'Orléans, futur Régent, ou le duc de Bourbon. Sa réputation s'étend aux cours étrangéres. Il reçoit ainsi des commandes du roi d'Espagne Philippe V ou du prince Maximilien- Emmanuel de Baviére. L'étendue de sa production est difficilement imaginable, étant donné que Boulle ne signait jamais. Quelques meubles seulement peuvent lui étre attribués avec certitude gràce aux archives et au recueil de modéles "Nouveaux desseins de meubles et ouvrages de bronze et de marqueterie inventés et gravés par André-Charles Boulle", publié chez Mariette vers 1707. Son oeuvre se caractérise par l'importance nouvelle qui est donnée à la sculpture en bronze doré. Elle joue sur les meubles un rôle à la fois de protection et de décoration. Boulle produit aussi des objets d'ameublement en bronze. Certains modéles sont dus à de grands sculpteurs de l'époque comme Desjardins, Girardon ou Coustou. Le nom de Boulle est aussi attaché à la marqueterie de cuivre et d'écaille. Il n'est pourtant pas l'inventeur de ce type de décor attesté en Italie dés la fin du XVI°siécle. Cependant, dans le parti décoratif qu'il en tire comme l'extraordinaire précision du détail, Boulle atteint la perfection. C'est lui qui met au point la technique de la «premiére partie», oû les motifs se détachent en cuivre sur un fond d'écaille, et de la «contre-partie» qui reproduit un dessin identique mais en inversant les matiéres. Si le rôle de Boulle en tant qu'inventeur de nouveaux types de meubles est discutable, son rôle dans l'évolution du style du mobilier est patent. A partir des formes massives du mobilier des années 1680-1700, il imagina des formes dynamiques et légéres. Les pieds de biche, les ceintures incurvées et les formes ventrues qui apparaissent dans son oeuvre dés les années 1700-1725 préfigurent le style Régence.
Estimation : 20 000 - 25 000 €

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