samedi 19 novembre 2011

COMMODE ARBALÈTE DITE "MAZARINE" ribué à Nicolas Sageot, Maître en 1706, de 1666 à 1731 (France)




COMMODE ARBALÈTE DITE "MAZARINE" en marqueterie Boulle en "première partie" de laiton gravé, étain gravé, écaille, cuivre gravé et nacre. Elle ouvre à quatre tiroirs sur trois rangs séparés par des traverses, à décor "à la Bérain" d'arabesques, fleurettes, masques féminins et têtes. Le plateau cerné d'une lingotière présente une scène de théâtre sous un dais dans un riche décor d'enroulements peuplés d'oiseaux, anges, papillons et créatures fantastiques. Les flans à décor d'un tableau d'arabesques, feuilles, enroulements et coquilles, le tout en ressaut dans un cadre en bronze ciselé et doré. Les montants en console à pans terminés par des pattes de lions en bronze ciselé et doré. Riche ornementation de bronzes ciselés et dorés tels que frises de fleurons, entrées de serrure de masques grimaçants, poignées de préhension mobiles tombantes et sabots.

Attribuée à Nicolas Sageot (1666-1731) reçu maître en 1706. Époque Louis XIV H 86, L 120, P 63 cm (Restaurations d'usage) Bibliographie: Pierre Grand, " Le mobilier Boulle et les ateliers de l'époque " in l'Estampille / Objet d'art, n° 266, février, 1993. Nous pouvons situer les débuts de Nicolas Sageot aux environs de 1690. Nous savons que dès 1698 son atelier est suffi samment développé pour employer deux alloués. Nicolas Sageot travaille comme ouvrier libre, Grande-Rue du Faubourg Saint-Antoine jusqu'à l'obtention de sa maîtrise en 1706. La prospérité de Sageot va croissant ; en 1711 lors de son mariage avec Marie-Brigitte Roussel, fille de l'ébéniste Jacques Roussel, il déclare posséder 12 000 livres de biens, essentiellement en marchandises, ce qui est remarquable. En 1720, il a alors cinquante-quatre ans, il liquide son atelier et devient rentier. Plusieurs documents attestent cette cessation d'activité, tout en nous renseignant sur sa production. Il passe, en effet, deux importants marchés commerciaux. Le premier avec Léonard Prieur, " marchand mercier grossier joaillier privilégié suivant la Cour ". Sageot lui vend pour 16 000 livres de meubles dont le détail figure dans la quittance: armoires à dômes, commodes, bureaux, tous en marqueterie de cuivre et d'écaille de tortue et ornements de bronze doré. Ce marché révèle l'importante activité de l'atelier au moment de la cessation d'activité de l'ébéniste. Nous constatons, que Sageot a doublé ses biens depuis son mariage en 1711. Cette fortune, tout à fait remarquable chez un ébéniste de cette époque est un élément important pour nous convaincre de la réussite de cet atelier. Le talent de Nicolas Sageot s'illustre particulièrement dans la création de bureaux à caissons ou commodes richement marquetés. Son travail est très largement inspiré par l'oeuvre de Jean Berain, " Dessinateur des Menus Plaisirs du Roi " qui développe un répertoire ornemental d'une grande richesse, ce qui permet a Nicolas Sageot de varier ses compositions. Nicolas Sageot révele ainsi toutes les facettes de l'esthétique Louisquatorzienne incarnée par Jean Berain.


Estimation : 250 000 - 300 000 €

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